Carnet de route

Au pied du Viso

Le 16/08/2019 par Michel COSTE

Au pied du Viso

 

Souhaitant agrandir mon périmètre d'exploration autour de La Salle les Alpes, j'ai décidé fin juillet de m'approcher du Mont Viso (3841m), que je contemple souvent de loin lors de mes escapades briançonnaises. J'ai choisi comme « camp de base » le Col Agnel et, pour amortir les 2 cols franchis le matin (en voiture certes!), j'entreprends l'ascension du bien nommé Pain de sucre (3210m). La pente est raide et les cairns pas toujours identifiables avec le soleil qui s'obstine à me faire face. N'ayant pas été très matinal, je suis loin d'être seul à jouir de la vue depuis ce magnifique belvédère, avec le Viso en face bien sûr, mais aussi la spectaculaire Tête des Toilies, figurant à mon tableau de chasse de l'an passé et, dans les lointains, les Ecrins et même le Mont Blanc. Je choisis pour la descente un sentier moins hasardeux que celui de montée, mais le quitte bientôt pour un parcours plus sauvage d'une paire d'heures empruntant un itinéraire repéré d'en haut. Je longe une ligne de crête se terminant par une brèche et gagne le lac Foréant, situé 600m en contrebas du Pain de sucre. Là, je me joins un moment à la foule des promeneurs contemplatifs qui musardent au bord de cette belle étendue d'eau couronnée d'une impressionnante série de dalles inclinées, avant de remonter pour installer ma tente, sans grand mérite je le concède car je suis à une centaine de mètres du refuge Agnel, situé lui-même en bord de route. Le repas, pris au refuge, me permettra de faire la connaissance de quelques randonneurs au long cours, nombreux dans les parages, dont trois sympathiques Parisiens, auxquels je conseille de se délester de leurs lourdes charges avant d'attaquer le Pain de sucre, qui figure à leur programme du lendemain.

Pour ma part, après une nuit paisible, je franchis la frontière italienne au Col Agnel et roule jusqu'à Castello (1600m : c'est malin,je viens de descendre en voiture ce que je vais remonter à pied!), le point de départ de ma rando. 2 bâtons m'attendent sur le parking, mais comme je suis déjà pourvu, je les délaisse superbement ; le soir il y aura un ciré et un parapluie ; nos amis italiens sont vraiment étourdis ! Mais comme je leur ai déjà emprunté une paire de Ray-Ban dans les Dolomites, cette fois je n'abuserai pas ! J'ai projeté de gagner les lacs de Forccioline situés à mi-parcours dans la montée au Viso . La première partie est une piste assez fréquentée, c'est la direction du refuge Vallanta. La suite est plus confidentielle, avec notamment le franchissement d'un verrou de quelques 500m de dénivelé, le long d'un torrent. L'itinéraire est vraiment casse-pattes ; plusieurs passages sont câblés, à bon escient, et le temps de marche annoncé sur le panneau jaune du départ, soit 3H30, n'est pas surestimé. Me voici maintenant au refuge bivouac Boardelli (2815m), de construction assez récente; il est mignon tout plein, intérieur comme extérieur et en plus gratuit ! Mais je n'ai pas prévu de passer la nuit ici, n'ayant pas de vivres en quantité suffisante. Je décide néanmoins de poursuivre un peu au-delà des lacs, splendides au demeurant. Je m'arrête devant la flèche « Viso direct » pour casser la croûte. Le sommet s'ennuage rapidement et je décide de faire demi-tour ; parvenu à la hauteur du refuge, la nebbia recouvre tout et les nombreuses flèches jaunes me seront bien utiles pour effectuer une descente largement aussi éprouvante que la montée. Mais j'ai atteint mon objectif : reconnaître le départ de la voie normale du Viso, qui pourra faire l'objet d'une autre sortie, pas seul cette fois-ci ! L'idéal semble être de passer une nuit au refuge bivouac, en l'atteignant assez tôt en journée pour ne pas être amené à coucher dehors (il n'y a que 12 places!). Le lendemain, attaquer de bonne heure pour éviter la purée de pois et pouvoir se ménager des pauses en cours de descente : plus de 2000m de dénivelé négatif ! Quant au matériel nécessaire à l'ascension elle-même, il semble judicieux de prendre piolet crampons (névés persistants sur le parcours) , une petite corde, si j'en crois les topos...et un casque bien sûr. A suivre donc et avis aux amateurs !

 

Michel Coste

 

CLUB ALPIN FRANCAIS MONTELIMAR
MAISON DES SERVICES PUBLICS BAT 4
1 AV. ST MARTIN
BUREAU 411
26200  MONTELIMAR
Contactez-nous
Tél. 06 49 79 28 69
Activités du club
Agenda